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Périnée pendant la grossesse : exercices, massage et réflexes pour limiter fuites et lourdeurs

Thomas Lefebvre 9 min de lecture

Le périnée d’une femme enceinte soutient l’utérus, participe à la continence et doit aussi s’adapter au moment de l’accouchement. Quand il devient douloureux, trop tendu ou moins tonique, des fuites urinaires, une sensation de pesanteur ou une gêne avant la naissance peuvent apparaître. Des gestes simples, réguliers et adaptés aident souvent à mieux le protéger.

Comprendre ce que le périnée supporte pendant la grossesse

Le périnée, aussi appelé plancher pelvien, est un ensemble de muscles et de tissus situé au bas du bassin, entre le pubis et le coccyx. Il forme un soutien pour la vessie, l’utérus et le rectum. Son rôle ne se limite pas au maintien des organes : il intervient aussi dans la continence urinaire et anale, la stabilité du bassin, la posture et la vie sexuelle.

Pendant la grossesse, ce plancher pelvien subit deux contraintes majeures. D’abord, le poids augmente progressivement : selon Emy, le bébé peut peser 3 à 4 kg en fin de grossesse, auxquels s’ajoutent environ 500 g de placenta et 1 kg de liquide amniotique, soit près de 5 à 6 kg de pression supplémentaire. Ensuite, les hormones comme la relaxine et la progestérone assouplissent les ligaments et les tissus pour préparer l’accouchement. C’est utile, mais cela peut réduire la sensation de maintien.

On peut voir le périnée comme une toile qui doit rester souple et réactive. Trop rigide, elle absorbe mal les mouvements. Trop distendue, elle renvoie moins bien l’appui. L’objectif pendant la grossesse n’est donc pas seulement de renforcer, mais aussi de retrouver un périnée capable de se contracter, de se relâcher et de répartir les pressions. Cette logique explique pourquoi un périnée efficace n’est pas forcément un périnée serré à l’excès.

Repérer les signes d’un périnée fragilisé sans dramatiser

Les troubles périnéaux sont fréquents pendant la grossesse, surtout au 3e trimestre. Ils ne signifient pas que le corps “lâche”, mais que le plancher pelvien compense davantage. Aptaclub mentionne que 40 % des femmes ayant eu un bébé souffrent d’incontinence urinaire d’effort. Emy indique de son côté que 40 à 50 % des femmes enceintes expérimentent des fuites au 3e trimestre. Ces chiffres rappellent une chose simple : vous n’êtes pas seule, et des solutions existent.

Fuites urinaires, lourdeur, douleurs : les signaux les plus courants

Les fuites urinaires d’effort surviennent lors d’un rire, d’une toux, d’un éternuement ou d’un port de charge. Une sensation de lourdeur pelvienne peut aussi apparaître en fin de journée, après une longue station debout ou pendant une marche. Certaines femmes décrivent une gêne au niveau du vagin, du périnée ou du bas du bassin, parfois associée à des douleurs pelviennes.

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Ces manifestations méritent d’être prises au sérieux, sans paniquer. Elles peuvent être améliorées par des exercices adaptés, une meilleure respiration à l’effort et un suivi par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé. En revanche, une douleur vive, une pesanteur importante, une boule ressentie dans le vagin, des fuites très fréquentes ou une gêne qui s’aggrave doivent conduire à consulter.

La césarienne protège-t-elle totalement le périnée ?

Non. Même sans passage du bébé par voie basse, le périnée a déjà porté le poids de la grossesse pendant plusieurs mois. La pression abdominale, les hormones et les changements posturaux peuvent fragiliser le plancher pelvien. C’est pourquoi la rééducation périnéale post-partum peut rester utile après une césarienne, surtout en cas de fuites, de lourdeur ou de reprise sportive prévue.

Renforcer et relâcher : les exercices sûrs pour le périnée enceinte

Les exercices du périnée pendant la grossesse doivent rester doux, précis et sans apnée. Il ne s’agit pas de contracter le plus fort possible, mais de sentir le mouvement, de relâcher complètement après l’effort et de respecter les sensations. En cas de grossesse à risque, de contractions utérines fréquentes, de douleur inhabituelle, de saignements ou de consignes médicales particulières, demandez toujours un avis professionnel avant de commencer.

Les contractions type Kegel, en version courte et longue

Pour localiser le périnée, imaginez que vous retenez un gaz et une envie d’uriner, sans serrer les fesses ni bloquer la respiration. Une routine simple consiste à contracter 5 secondes, puis à relâcher 5 secondes, sur 10 répétitions. L’effort doit rester confortable et le relâchement aussi net que la contraction.

Vous pouvez alterner avec des séquences courtes de 1 à 2 secondes, utiles pour travailler la réactivité, puis avec des séquences longues d’au moins 4 secondes, avec un objectif progressif de 10 secondes si cela reste facile. Aptaclub évoque une pratique jusqu’à 3 fois par jour ; dans la vraie vie, mieux vaut une routine courte bien faite qu’une séance trop longue et crispée. Cinq minutes par jour peuvent déjà installer une vraie prise de conscience.

Le pont, le chat-vache et la natation : bouger sans écraser le bassin

L’exercice du pont aide à associer respiration, bassin et périnée : allongée sur le dos, genoux pliés, on expire en engageant doucement le périnée, puis on soulève le bassin sans forcer. Si cette position devient inconfortable en fin de grossesse, elle peut être remplacée par des mouvements à quatre pattes.

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Le yoga prénatal, notamment la posture du chat-vache, favorise la mobilité du bassin et le relâchement des tensions lombaires. La natation est aussi intéressante, car l’eau allège la pression sur le plancher pelvien tout en permettant de garder une activité douce. Dans tous les cas, évitez les efforts avec poussée vers le bas, les abdominaux intenses et le blocage respiratoire.

Méthode Objectif Moment conseillé
Contractions de Kegel Améliorer tonicité et continence Dès que c’est confortable, après avis si symptômes
Relâchement périnéal Éviter l’hypertonie et préparer l’ouverture Toute la grossesse
Yoga prénatal Mobiliser bassin, respiration et posture Surtout 2e et 3e trimestre si adapté
Natation Bouger avec moins de pression pelvienne Selon confort et avis médical
Massage périnéal Assouplir l’entrée vaginale Fin de grossesse, souvent à partir de la 34e semaine

Préparer l’accouchement : massage, positions et respiration

La préparation du périnée à l’accouchement ne repose pas sur une seule technique. Elle combine souplesse des tissus, capacité à relâcher, confiance dans les sensations et dialogue avec l’équipe médicale. L’enjeu n’est pas de garantir un accouchement sans déchirure, mais de réduire les contraintes inutiles et de mieux accompagner l’expulsion.

Le massage périnéal en fin de grossesse

Le massage périnéal vise à assouplir la zone située à l’entrée du vagin. Il est souvent proposé à partir du 8e mois, de la 34e semaine ou 4 à 6 semaines avant l’accouchement selon les recommandations citées par Emy et le CHUSJ. Emy évoque une pratique de 3 à 5 minutes par jour à partir de la 34e semaine.

Il se pratique avec les mains propres, une huile neutre, de l’huile d’amande douce ou un lubrifiant adapté. Le geste doit rester progressif, sans douleur vive. Il est déconseillé en cas d’infection vaginale, de saignement, de fissure douloureuse, de menace d’accouchement prématuré ou si un professionnel vous l’a déconseillé. Si l’auto-massage vous met mal à l’aise, une sage-femme peut montrer le geste ou proposer une alternative.

Le jour J : éviter de subir la position unique

Au moment de l’accouchement, certaines positions peuvent mieux répartir la pression sur le périnée. Les positions accroupie, sur le côté ou à quatre pattes permettent parfois de mieux suivre les sensations que le décubitus dorsal, c’est-à-dire allongée sur le dos, surtout s’il devient la seule option. Le choix dépend du déroulement de l’accouchement, de la fatigue, de la péridurale et des consignes médicales.

Les compresses chaudes pendant la phase d’expulsion peuvent aussi être proposées pour favoriser le confort et l’assouplissement local. La respiration compte autant que la position : pousser en bloquant brutalement peut augmenter la pression vers le bas, alors qu’un accompagnement progressif, guidé par la sage-femme ou l’obstétricien·ne, aide souvent à mieux respecter les tissus.

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Après la naissance : récupérer sans brûler les étapes

Le post-partum est une période de récupération, pas un test de performance. Même si les symptômes semblent légers, le périnée a été étiré, comprimé ou sollicité pendant neuf mois, puis parfois lors de l’accouchement. La reprise des activités doit donc rester progressive, en particulier pour le sport, le port de charges et les abdominaux.

Les signes qui justifient une consultation

Après l’accouchement, consultez si vous avez des fuites urinaires persistantes, une incontinence anale, une sensation de boule ou de descente d’organes, une lourdeur pelvienne marquée, des douleurs pendant les rapports, une cicatrice douloureuse ou une gêne qui vous empêche de marcher, porter votre bébé ou reprendre vos activités. Les déchirures du 3e et du 4e degré, citées par le CHUSJ, nécessitent un suivi attentif.

La rééducation périnéale post-partum avec une sage-femme ou un kinésithérapeute permet d’évaluer la force, la coordination et le relâchement du plancher pelvien. Elle peut inclure du travail manuel, des exercices guidés, parfois du biofeedback ou des outils connectés si cela correspond à vos besoins. Le plus important reste l’évaluation personnalisée : un périnée trop tendu ne se travaille pas comme un périnée affaibli.

Prévention, traitement, rééducation : ne pas tout mélanger

Pendant la grossesse, les exercices servent surtout à prévenir, à mieux sentir et à entretenir la fonction périnéale. En fin de grossesse, le massage prépare davantage la souplesse de l’entrée vaginale. Après la naissance, la rééducation corrige ce qui persiste : fuites, douleurs, faiblesse, mauvaise coordination ou sensation de pesanteur.

Si vous ne savez pas par où commencer, le plus simple est d’en parler lors d’une consultation de suivi ou d’une séance de préparation à la naissance. Une sage-femme, un·e obstétricien·ne ou un kinésithérapeute spécialisé peut adapter les exercices à votre trimestre, à votre accouchement prévu, à vos antécédents et à vos symptômes. Prendre soin du périnée pendant la grossesse ne rajoute pas une contrainte, cela donne au corps un soutien concret avant, pendant et après la naissance.

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